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Avril, mois de l’autisme

Par Pascale Robichaud, orthopédagogue

Avec la fin du mois d’avril se termine le mois de l’autisme. À cet effet, nous avons eu la chance, au cours des dernières semaines, de lire des articles de journaux sur le sujet et de visionner des reportages de toutes sortes dans les divers médias. Toutefois, je constate qu’on aborde très peu les questions en lien avec l’école et la réussite sur le plan scolaire des élèves vivant avec un trouble du spectre autistique (TSA). En tant qu’orthopédagogue qui intervient depuis plusieurs années en milieu scolaire auprès de ces élèves et de leurs parents, je me sens particulièrement concernée par cette question.

Teacher using digital tablet as educational tool in classDans l’exercice de mes fonctions, je constate que souvent, les élèves présentant un TSA obtiennent des résultats scolaires nettement en-dessous de leurs capacités intellectuelles. Cette difficulté à performer à l’école s’explique bien sûr par les particularités liées au trouble lui-même mais mon expérience, autant avec des élèves vivant leur scolarité en classe ordinaire qu’avec ceux en classe adaptée, m’a démontré que de tous petits gestes ou des adaptations mineures peuvent avoir de grandes répercussions sur la réussite des élèves auprès de qui j’interviens.

Voici donc quelques conseils de base s’adressant aux intervenants ou aux parents qui peuvent aider un élève vivant avec un TSA à mieux réussir une tâche scolaire:

Pour la période de travail ou d’étude, choisir un endroit où les stimuli (bruits, stimuli visuels, déplacements) sont limités. Ainsi, La concentration sera grandement facilitée.

Dans la mesure du possible, déterminer la durée de la période de travail (horloge visuelle ou montre, tout dépendant du niveau d’autonomie de la personne).

Appuyer ses paroles ou les consignes par des repères visuels (ex : pictogrammes ou mots écrits). Cela permet à l’élève de garder en tête les informations importantes. N’oublions pas les paroles s’envolent mais les écrits restent!

Fixer de façon précise les attentes. Ne pas hésiter à quantifier le nombre de mots minimal ou le nombre de phrases dans une production écrite, par exemple.

Faire reformuler ce qu’il (elle) doit faire avant de débuter. Cette démarche aide à cerner les incompréhensions et à apporter des explications supplémentaires au besoin.

Organiser la démarche en étapes écrites (qui peuvent être numérotées au besoin). Au départ, l’adulte peut proposer des façons de faire, mais éventuellement, l’enfant développera ses propres stratégies et pourra lui-même structurer ses étapes.

Faire valider son travail en cours de tâche. Développer chez l’élève l’habitude de faire vérifier sa tâche par l’enseignant ou le parent à certains moments en cours de tâche afin de s’assurer qu’il répond aux exigences fixées et pour apporter les correctifs nécessaires s’il y a lieu sans avoir à tout recommencer! Pour les plus jeunes, on peut coller un autocollant à un endroit précis sur la feuille; lorsque l’enfant arrive au collant, il doit faire faire vérifier son travail. Pour les plus vieux, on peut simplement tracer un trait à l’endroit désiré.

Utiliser une liste à cocher contenant les éléments essentiels de la tâche. À l’étape finale, qui est celle de l’autocorrection, cette liste obligera l’élève à revenir sur son travail de façon structurée et efficace.

Lorsque c’est possible, favoriser l’utilisation de l’ordinateur. Dans plusieurs cas, le fait d’écrire à l’ordinateur augmente la motivation de l’élève qui est souvent beaucoup plus habile avec un clavier qu’avec un crayon!

Essayer, lorsque c’est possible, de réinvestir le concept travaillé dans une situation concrète de la vie. À titre d’exemples, déterminer le nombre de friandises à acheter pour remplir les sacs à surprises pour sa fête d’anniversaire ou calculer le budget pour une sortie ou un voyage. Le fait d’utiliser les concepts appris en classe dans la vie quotidienne aide à les généraliser et à les rendre plus signifiants.

Il ne s’agit évidemment pas d’une liste exhaustive, mais ces quelques moyens peuvent assurément contribuer à augmenter les chances de réussite de nos enfants ou nos élèves présentant un TSA.